Le Tirailleur Républicain

Chroniques du Tirailleur, V6 : "Le Tirailleur et la chute des secrets"

 

Les Chroniques d'un TZR, V6 : « Le Tirailleur et la chute des secrets. »



Résumé de l'épisode précédent : Le Tirailleur s'est laborieusement sortit d'une situation périlleuse, mais au prix d'immenses efforts de self-control lors de la conquête de X-Hill. Aussi, lors de la rentrée de mars dut-il revenir tout penaud dans son RAD. Mais alors qu'il pensait se faire oublier un temps, alors qu'il aurait désiré se retirer du Front quelques semaines, cette fois ce fut le Front qui vint à lui...




Après avoir infligé à mes lecteurs une longue diatribe il y a peu, ce billet sera plus mesuré tant par soucis de rapidité, d'efficacité, que par manque de temps pour le réaliser...tant il est vrai que ces dernières semaines furent chargées pour moi.



Retour dans son RAD, sinistre habitude, lugubre obligation du TZR en manque de remplacement. La même routine recommença mais au moins cela ne me donnait pas trop de travail ni de cours à préparer...si bien que cette période fût, pour votre serviteur, le moment propice pour développer ses connaissances sur la belle Crimée du 19ème... Entre deux livres sur le siège de Sébastopol, entre deux récits de Tolstoï, il m'arrivait néanmoins d'être confronté à quelques élèves récalcitrants, en manque de fainéantise, qui supportaient mal leur présence obligatoire à mes pseudo-cours.

Si j'ai pu comprendre leur désir de ne pas venir me voir...il est néanmoins très déplaisant que des élèves qui doivent avoir eu 15h de « gâchées » en 6 mois grand maximum (la faute à une administration peu compétente), en viennent à se plaindre directement à l'adjointe de mes cours omniprésents, sans intérêts  (au DNB il n'y a pas d'HG!!!) et très lourds... En bref, une vaillante classe de 3ème refusa un soir de monter en classe, elle s'est mutinée contre mon cours en d'autres termes (et pas contre moi, c'était déjà ça de gagné !). Finalement, le CPE après moultes palabres inutiles réussit à les faire monter en cours (ce qui ne m'arrangeait point), mais pas pour bosser...juste pour une AG dont l'objectif était la rédaction d'une lettre de plainte à la direction. Premier geste citoyen et raisonnable de l'année de la part de ces citoyens-imberbes, j'en étais plutôt content ! De plus il se mirent très sérieusement au travail, prouvant ainsi que l'énorme baobab qui traverse leurs mains n'atteignait donc pas leurs cervelles...et nous pûmes même discuter et échanger ensemble, dans une très bonne ambiance du genre de celle des meilleurs séances d'ECJS que l'on peut organiser en seconde... Le résultat fut une capitulation silencieuse de l'administration qui préférât éviter les heurs avec les élèves.

 

 


 

 

Il est vrai qu'à ce moment, le collège était traversé par de gros remous émanant des élèves et des parents d'élèves : presque tous ligués contre les affreux professeurs responsables d'avoir expulsé en conseil de discipline 2 élèves innocents....


 

Très longue histoire que les initiés connaissent déjà, donc nous allons "vite" résumer les faits :


1/ Une journée pas comme les autres au collège de Teuteuil et 2 évènements fâcheux. Un élève pénible, qui passait son temps à emmerder son monde depuis longtemps, dans un geste de colère lève la main pour frapper son prof...également future maman...heureusement retenu par des membres de la classe. Bon déjà c'est gravos...

Puis à la fin de la journée, une prof se plaint de s'être fait touché la poitrine à l'occasion d'un chahut, lumière éteinte et brouhaha général...sans que personne ne se dénonce ou parle d'un accident. Le surlendemain l'élève est identifié, une plainte est déposé à la gendarmerie, et une procédure de conseil de discipline est lancée pour ces 2 élèves (pas la même classe). Pendant ce temps, moi j'en bavait à X-Hill, et qu'une bonne amie bien placée me tenait au courant...


 

2/ La rentrée de mars s'annonce difficile à Teuteuil, en effet les élèves semblent faire blocs contre les décisions des conseils (exclusions prononcées), et n'hésite pas à faire courir les bruits d'exclusions à caractère raciste de la part du collège. Je dis les élèves, je devrais rajouter les parents d'élèves (pas tous bien entendu). Et l'impensable se produisit : des textos appelant à manifester devant le collège un vendredi matin, envoyé par des parents mécontents à des élèves circulèrent partout !

 


 

3/ Ainsi donc, le vendredi en question, le Tirailleur prêt à fourailler était arrivé en avance pour constater l'affront. Mais les parents changèrent de tactique, voyant le berlingo de la gendarmerie et sans doute craignant de leur part une éventuelle charge à la matraque, ils demandèrent à leurs enfants chéris de rentrer dans le collège...et d'y manifester. Et c'est donc à l'intérieur de l'établissement de l'Education Nationale que ces sacripants firent état de leur dégoût pour une institution qui exclus injustement 2 élèves innocents ! Leur méthode pour essaimer leur pensée : prendre les sacs des récalcitrants (de préférences ceux de petite taille, du genre sixième) et les jeter au milieu de la cour, puis ensuite attendre que le temps passe, crier un peu, faire un tour dans les couloirs en courant, fouiller des sacs ect... tout cela bien sûr sans que la direction ne réagisse. On n'a même pas eu l'idée de fermer temporairement les portes pour contrôler les entrées et les sorties du collège, on n'a même pas le tempérament nécessaire pour sanctionner les élèves qui se montrent très ouvertement insolent envers les adultes. Du grand n'importe quoi ! Le dégoût cette fois était du côté des enseignants, de certains du moins, de ceux qui en avait quelques chose à faire, de ceux qui ne font pas que penser à leur gueule.

 

 

4/ La semaine suivante, le mercredi pour être précis, l'on découvre avec stupeur un article avec photo (c'est interdit sans autorisation) relatant les faits...enfin c'est vite dit....


Colère chez les enseignants, moi aussi !


J'écris donc un mail de vendetta (pas l'autre idiot) au torchon du coin...qui me répond en mettant en doute mes propos et ma qualité. J'en revois donc un autre en révélant mon identité ! Je me dit que cela va s'arrêter là. Et non, le lendemain je suis en compagnie de collègues une formation sur les nouveaux programmes de sixième, et reçoit un mail me demandant si le journaliste qui a écrit l'article peut me joindre pour que je lui explique ce qui ne va pas dans son article. Je cède et ne me doute pas que la liaison que j'aurai avec lui (téléphonique) fera l'objet d'un article entier la semaine suivante...

5/ Une semaine passe, et effectivement l'article sort...et je me fais démonter par certains membres de la salle des profs qui me reprochèrent en gros de parler de ce que je ne connaissais pas (ce qui était faux), de mal m'exprimer (mes lecteurs, vous, jugerez bientôt), et de donner des informations confidentielles (ce qui n'est pas exact, tout au plus je mentionne la raison du conseil de classe de l'élève qui a levé la main sur sa prof), de parler sans l'autorisation de la salle des profs (il faut un mandat sans doute, paraît-il que les profs avaient décidé d'envoyer un droit de réponse au journal...sauf que l'on ne m'a pas appelé pour me le dire avant que j'ai une conversation avec le journal...), d'envenimer les choses (je ne suis pas certain car cela a remis certaines choses au clair et a fait changer d'attitude certain parents mal informés...) ect. En tout cas un très mauvais quart d'heure durant lequel (moi qui n'avait pas lu l'article), je me suis excusé platement si j'avais pu causer du tort à quelqu'un... Heureusement certains collègues, jeunes pour la plupart, m'ont défendu. Il reste que cela sonna tout comme un divorce entre le Tirailleur et son RAD...


 

6/ Enfin les choses se calmèrent, les profs et leur droit de réponse se firent démonter par le rédacteur en chef...belle revanche personnelle...quel petit facétieux celui-là... Je n'eus pas de réflexion de la part des autres élèves, juste une sans importance...ce qui en dit long sur mon intervention , selon moi...mais le mal était fait et le Réac qui sommeille en tout Tirailleur était plus que jamais aux aguets...



C'est donc avec un très grand plaisir que je me vis proposer durant les vacances d'avril un poste à Largny...et oui, là où avait déjà opéré notre amis Rolandino el Magnifico et votre serviteur. Rechaussant mes rangers de sauts opérationnel je fus donc largué sur cette DZ où les gisait encore les restes de mes précédentes victimes. Je m'attendais à trouver la région semi-sécurisée, mais l'unité qui tint la place avant moi avait de sérieux problèmes d'organisation, et je dus ainsi recommencer de traditionnelles opération de harcèlement de la guérilla locale, et donc parfois avoir recours à des méthodes radicale et expéditive.


Ne réveillez pas un Réac qui dort.


Et c'est quelques semaines après mon installation que j'eus a constater avec stupeur qu'une parente d'élève avait protesté par lettre, auprès de la principale, de mon comportement à la limite discriminatoire...


Choc.


De suite j'appelle cette parente...tout ému d'être accusé de discrimination. Mais l'insolente refuse de me dire de quoi elle m'accuse, arguant du fait que ma hiérarchie doit savoir ce qui se passe dans le collège, avant d'ajouter : « n'ayez crainte, d'autre parents aurait porté plainte contre vous, mais nous non ! ».


OK !


RDV est pris 4 jours plus tard, en présence de la principale qui n'a pas l'air de s'en émouvoir et qui ne me fait en rien la leçon. Ce n'était pas évident tant l'on peut être traité comme de la merde quand on est TZR.


Arrive le RDV, où l'on m'accuse en fait d'avoir parler en « prenant l'accent africain pour humilier les élèves ».


Faux, rien à voir, dégage stupid girl ! Je n'ai jamais fait ça (je ne sais même pas prendre cet accent). Et là, essayez de faire comprendre à une bonne femme et son mec que les gosses n'écoutent pas ce que vous dites et qu'au bout de la 4ème fois, pour capter l'attention, pour rigoler, pour les gronder, pour tenter de faire mon métier tout simplement, vous êtes obligé de changer de méthode :

 

1 = Prenez vos agendas et noter les devoirs pour mardi.

2 = Preneeez vos Agendas et noter les devoirrrrrrs pour mardi, pff.

3 = Steve, s'il te plaît mon grand, tu prends ton agenda et tu notes les devoirs pour mardi.

4 = PRENDS TON AGENDA ET NOTE LES DEVOIRS POUR MARDI !!!!!

5 = Steve par pitié, pour l'amour de la République, prends ton agenda et note les devoirs pour mardi.

7= Steve, please, take your agenda and write your homeworks, please ! Quick !

6 = Toi Steve, Prendre Agenda, toi Noter devoir Mardi (sans accent je vous le certifie) !

 

 


Enfin, affaire résolue, principale compétente qui a renvoyé les parents à leur propre perception raciste des choses (et si j'avais imité l'accent canadien ???) et basta !

 

 


Vivement l'an prochain, en attendant je dus passer entre les goutte des surveillances de brevet et des corrections...mission accomplie pour l'instant !


A très bientôt pour la fin des Chroniques du Tirailleur !







26/06/2009
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