Réforme du CAPES : le débat (VLD dans l'arène...)
Salut à tous,
Je reçois aujourd'hui ce texte Appel CAPES Hist et Géo que vous avez peut-être déjà en main.
Hors du ton de la polémique et de la vindicte, qui rend souvent stériles nos actions, ce texte critique mais aussi démonte et propose. Ses auteurs ont l'habitude des concours et de la formation des enseignants... Leurs remarques rejoignent une partie de celles que j'ai pu formuler à la lecture des textes officiels parus récemment. Je ne suis pas hostile à une réforme des concours (je dis bien des concours, ce qui est différent de la mastérisation des métiers de l'enseignement, futur vivier de contractuels ad vitam aeternam). Je suis la première à trouver parfois les programmes, notamment en histoire médiévale pour le CAPES, bien loin de ce que le futur enseignant doit ensuite mettre en oeuvre.Mais franchement on est passé d'un extrême à l'autre...
Je souhaite vous faire part de mes remarques afin de tenter de briser notre petite bulle universitaire et faire en sorte que ce qui se prépare vous concerne aussi, directement ou à travers vos enfants.
Dans le communiqué officiel du Ministère réformant les concours (cf. pièce jointe),
- Le mot "national" n'est jamais écrit (cela ne vous a pas échappé je pense). Quid des
critères de validation des masters ? des concours ? niveau national ou académique ?
d'autant que le texte aligne concours du primaire et du secondaire ; ou encore validation
par chaque université, pour les masters ?
- A travers le nombre et la nature des épreuves, la fonte de l'exigence
disciplinaire des concours (et donc des masters qui y conduisent) est patente.
- Vu le poids de la pédagogie et didactique + connaissance du système éducatif, les
épreuves semblent calquées sur les concours internes proposés à des enseignants
expérimentés en pédagogie, nourris du terrain, le vrai pas celui de l'observation
théorique ou des manuels de didactique (on voit mal les étudiants en M et candidats aux
concours acquérir ce type de compétence, même avec des stages).
- La première phrase du communiqué officiel me choque ("pour répondre
aux besoins du ministère de l'Education nationale" : lesquels, hormis
le fait de former correctement les élèves ? le ministère a-t-il des
besoins, ou plutôt ne serait-ce pas l'État ou la République ? Dès ces
premiers mots, la copie est pour moi à refaire...).
- Choquante aussi est l'introduction de membres de la société civile
dans les jurys.
Si l'on transpose à l'exercice de la médecine, serait-il concevable de proposer et
d'accepter que des avocats, des professeurs du primaire ou du secondaire, des chefs
d'entreprises siègent à des jurys de thèse de médecine ou pour des concours de
recrutement en médecine hospitalière ?
- Il me semble peu adéquat que tous les enseignants, de la maternelle
au CGPE, soient dans le même moule (les concours semblent s'aligner l'un sur l'autre), et
ne passent plus par un concours adapté à leur mission pédagogique à venir... A-t-on
besoin des mêmes compétences pour enseigner à l'école maternelle, élémentaire, au
collège, au lycée, en post-bac dans des filières spécialisées ?
- l'exigence du niveau est celui de la licence (quelle licence ? la licence actuelle, massifiée, qui doit accueillir des étudiants de tous horizons, de tous niveaux...), ce qui conduit à ce
que le savoir disciplinaire du futur enseignant ne dépasse que de bien peu celui
nécessaire à l'enseignement en lycée. Que dire de sa future maîtrise ou aisance face à ce
qu'il devra enseigner ? Si l'on transpose toujours, un médecin généraliste ne devrait-il
être formé qu'à soigner la grippe, mais à ne recevoir aucune formation en biologie, en
anatomie etc. pour lui permettre de reconnaître telle ou telle pathologie ?
Le monde universitaire met du temps (trop de temps) à réagir malgré les appels, les mises
en éveil des uns ou des autres depuis deux ans. La demande d'un moratoire me semble
préférable à une mise en oeuvre mal ficelée tant de la part du ministère que des
universités.
Véronique Lamazou-Duplan
MC en histoire médiévale,
Université de Pau et des Pays de l'Adour











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